Labels et accréditations : ce qu’ils garantissent vraiment
AEFE, LabelFrancÉducation, Cognia, Middle States, DELF, IB, Seal of Biliteracy : qui les délivre, ce qu’ils contrôlent et ce qu’ils ne garantissent pas.
104
LabelFrancÉd.
58
AEFE
3
Catégories
En chiffres
160
Avec un label français
sur 239 ; les 79 autres n’en ont pas
104
LabelFrancÉducation
ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
58
AEFE / Éducation nationale
programme français, homologué classe par classe
13
Bac français
écoles qui préparent au bac
25
Examen confirmé
DELF/DALF ou Seal of Biliteracy
Ce qu’il faut savoir
Chaque fiche d’école de l’annuaire comporte une ligne Accreditation, et la plupart des fiches d’écoles publiques et charter y ajoutent des pastilles de couleur. Cette page passe en revue les 14 mentions que l’on y trouve. Presque aucune ne veut dire ce que l’on croit.
Le point essentiel : une école accréditée n’est pas forcément une école qui enseigne bien le français. Ce sont deux questions distinctes, contrôlées par des organismes différents. Cognia, Middle States, NEASC ou le département de l’éducation d’un État évaluent l’école en tant qu’institution, et aucun ne regarde le programme de français. Seuls les labels français le font. Encore faut-il savoir que l’un d’eux, l’homologation, ne porte que sur certaines classes, pas sur toute l’école.
Une école qui affiche quatre accréditations n’est donc pas quatre fois meilleure qu’une école qui n’a qu’un label français. Sur les 239 écoles de l’annuaire, 237 indiquent au moins une accréditation, mais seules 160 ont un label français. Les 79 autres sont presque toutes des écoles publiques et charter sans label français, ce qui ne dit rien de la qualité de leur enseignement.
Comment lire une fiche : les fiches sont en anglais. La ligne Accreditation, sous « More details », reprend les labels et accréditations des catégories 1 et 2. Les pastilles de couleur des écoles publiques et charter (DELF, IB, French Bac, AP, Seal) correspondent à la catégorie 3. Pour une école privée, la fiche indique aussi les classes homologuées par l’AEFE, lorsqu’elles ont pu être vérifiées : c’est cette liste qui compte, pas le simple mot « AEFE ».
Catégorie 1
Les labels qui garantissent le français
Deux labels, délivrés par l’État français, portent sur l’enseignement du français lui-même. Ce sont les seuls de cette page à juger la langue, et ils ne garantissent pas du tout la même chose. La dernière carte décrit un cas très courant : les écoles qui n’ont ni l’un ni l’autre.
Homologation AEFE (et réseau MLF)
58 écoles
Accordée par le ministère de l’Éducation nationale ; la liste est publiée par arrêté, conjointement avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Le réseau des écoles homologuées est piloté par l’AEFE, aux côtés de la Mission laïque française (MLF), une association fondée en 1902 qui gère des écoles à l’étranger.
Ce qui est contrôlé
Que l’école applique réellement les programmes de l’Éducation nationale : contenus, horaires, qualification des enseignants, évaluation des élèves. Aux États-Unis, c’est la garantie la plus solide d’un enseignement en français.
À savoir
L’homologation est accordée classe par classe, pas pour toute l’école. Dans l’annuaire, la plus courte couvre PS–GS (PreK3–Kindergarten), la plus longue PS–Terminale (PreK3–Grade 12). Une école homologuée jusqu’au CM2 ne l’est pas pour ses classes de collège, même si elle affiche « AEFE » partout. Demandez toujours quelles classes sont homologuées, et pour quelle année scolaire. La Mission laïque française (MLF) ne fait pas partie du ministère : c’est une association qui gère des écoles, elle ne les inspecte pas, et une école MLF n’est pas forcément homologuée. Les fiches ne portent la mention « French Ministry of Education homologation (AEFE) » que pour les écoles homologuées.
Décerné depuis 2012 par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Les candidatures passent par l’AEFE, lors d’une campagne annuelle.
Ce qui est contrôlé
La qualité d’une filière bilingue francophone, dans une école qui suit son propre programme, américain ou autre : une bonne part des cours en français, des enseignants qualifiés, des liens avec le réseau culturel français. Le label est accordé pour cinq ans au plus, puis il faut le redemander.
À savoir
Ce n’est pas une homologation, même si on confond sans cesse les deux. Une école labellisée garde son propre programme, pas celui de l’Éducation nationale, et ses élèves ne passent pas d’office les examens français. C’est le label français le plus répandu dans l’annuaire, car il convient parfaitement aux programmes bilingues des écoles publiques américaines (« dual language »).
Aucun organisme. C’est la situation la plus fréquente des programmes publics de l’annuaire.
Ce qui est contrôlé
Rien, par définition : ni homologation, ni LabelFrancÉducation. Ce sont presque toujours des programmes bilingues d’écoles publiques ou de charter schools (des écoles publiques et gratuites, mais gérées de façon autonome), rattachés à un district scolaire américain, l’administration scolaire locale. Personne n’y a pour mission de demander un label français, et le budget manque le plus souvent. Ce n’est pas une règle absolue : quelques charter schools sont homologuées par le ministère, dont une jusqu’en Terminale.
À savoir
Pas de label ne veut pas dire mauvais programme. Certaines des meilleures immersions en français du pays, comme les programmes publics de Louisiane et de l’Utah, s’en passent entièrement. Ce qui compte alors : la part de la journée réellement enseignée en français, la classe jusqu’à laquelle le programme continue, la formation des enseignants (francophones natifs ou diplômés) et le nombre d’élèves qui passent le DELF.
Les accréditations : l’école est contrôlée, pas le français
C’est ici que les parents se trompent le plus. Une accréditation américaine, qu’elle soit régionale ou réservée aux écoles privées, est un vrai contrôle, mais de l’établissement dans son ensemble : gestion, finances, sécurité, qualité générale de l’enseignement. Personne n’y regarde le programme de français. Voyez-la comme un minimum, pas comme une raison de préférer une école à une autre.
Cognia (anciennement SACS, NCA et NWAC)
133 écoles
Cognia, un organisme américain à but non lucratif, né de la fusion en 2018 d’AdvancED et de Measured Progress, et rebaptisé Cognia en 2019. AdvancED réunissait déjà les anciennes commissions régionales d’accréditation du Sud (SACS), du Centre-Nord (NCA) et du Nord-Ouest (NWAC).
Ce qui est contrôlé
L’école dans son ensemble, selon une grille de critères : gouvernance, finances, qualité de l’enseignement, résultats des élèves, plan d’amélioration. Une équipe extérieure vient le vérifier à intervalles réguliers.
À savoir
Rien sur le français. Selon l’organisme qui accréditait l’école avant la fusion, les fiches indiquent « Cognia », « SACS/Cognia » ou « NWAC/Cognia » : il s’agit du même organisme. « WASC/Cognia » est un cas à part : l’ACS WASC n’a jamais rejoint Cognia, et l’école est alors accréditée par deux organismes indépendants, au terme d’une seule évaluation. Cognia est aussi l’accréditation la plus répandue aux États-Unis : elle ne distingue guère une école d’une autre.
La Middle States Association Commissions on Elementary and Secondary Schools, un organisme d’accréditation indépendant. Né dans les États du centre de la côte Est (New York, New Jersey, Pennsylvanie, Maryland…), il travaille aujourd’hui aussi à l’étranger.
Ce qui est contrôlé
L’école rédige d’abord une auto-évaluation, puis une équipe de professionnels venus d’autres écoles la vérifie sur place : gouvernance, finances, santé et sécurité, enseignement, résultats des élèves. L’accréditation est renouvelée périodiquement, sur plusieurs années.
À savoir
Rien sur le français : une école peut être accréditée Middle States sans enseigner un mot de français. Plusieurs écoles de l’annuaire l’ont en plus d’un label français, et c’est ce label qui renseigne sur le français.
La New England Association of Schools and Colleges (NEASC) pour la Nouvelle-Angleterre, et l’Accrediting Commission for Schools de la Western Association of Schools and Colleges (ACS WASC) pour la côte Ouest : deux organismes d’accréditation régionaux, chacun sur son territoire.
Ce qui est contrôlé
Le même principe que Cognia et Middle States : auto-évaluation, visite d’une équipe extérieure, examen de la gouvernance, des moyens, de l’enseignement et des acquis des élèves, avec un renouvellement régulier et des rapports d’étape.
À savoir
Rien sur le français. Qu’une école soit accréditée par l’un ou par l’autre dépend surtout de sa région, pas de sa qualité.
Des associations d’écoles privées (« independent schools ») propres à un État ou à une région. Leurs procédures d’accréditation sont elles-mêmes évaluées par l’ICAISA, un conseil international chargé de reconnaître les organismes d’accréditation des écoles privées.
Ce qui est contrôlé
Une accréditation conçue pour les écoles privées. Elle vérifie avant tout que l’école tient les promesses de son projet, puis sa gouvernance, ses finances, ses enseignants et le bien-être des élèves. Cet examen du projet la rend plus exigeante qu’il n’y paraît.
À savoir
Rien sur le français, et chaque association ne couvre que sa région. Une école ISACS à Chicago et une école NYSAIS à New York sont passées par des procédures comparables, mais distinctes.
La National Association of Independent Schools, une association nationale d’écoles privées.
Ce qui est contrôlé
Rien. La NAIS n’accrédite pas : c’est une association à laquelle les écoles adhèrent. Pour y entrer, une école doit déjà être accréditée par l’une des associations ci-dessus. Être membre de la NAIS signifie donc que l’accréditation a été faite ailleurs.
À savoir
C’est la mention que l’on prend le plus souvent, à tort, pour un contrôle de qualité. Si une école affiche « NAIS », demandez-lui quelle association l’a réellement accréditée.
Le Council of International Schools (CIS) et l’Educational Collaborative for International Schools (ECIS). Tous deux sont issus de l’ancien European Council of International Schools ; depuis la séparation de 2003, l’accréditation relève du CIS.
Ce qui est contrôlé
Le CIS accrédite selon un référentiel conçu pour les écoles internationales : gouvernance, enseignement, bien-être des élèves, ouverture internationale. L’évaluation est souvent menée conjointement avec un organisme d’accréditation américain, et l’école obtient les deux accréditations.
À savoir
L’ECIS, lui, n’accrédite pas : c’est un réseau d’écoles qui propose de la formation. « ECIS » sur une fiche signifie que l’école fait partie de ce réseau, pas qu’elle a été évaluée.
Agrément de l’État et autorisation des charter schools
186 écoles
Le département de l’éducation de chaque État (Louisiana DOE, Utah State Board of Education, New York State Education Department…). Pour une charter school, l’organisme qui lui a accordé sa charte.
Ce qui est contrôlé
L’autorisation légale de fonctionner : licence, santé et sécurité, exigences sur le personnel, tests et rapports obligatoires. Pour une charter school s’ajoute le respect de sa charte, le contrat qui fixe ses engagements, réexaminée à chaque renouvellement.
À savoir
C’est un minimum légal, pas un gage de qualité. Toutes les écoles publiques du pays l’ont, et il ne dit rien du français. Il apparaît sur les fiches des écoles publiques et charter parce que c’est souvent leur seul agrément officiel. Beaucoup ont pourtant un excellent programme de français, sans le moindre label français.
Ici, on n’évalue plus l’école mais l’élève, et c’est lui qui garde le diplôme. C’est l’information la plus concrète d’une fiche, et la plus facile à vérifier : demandez à l’école combien d’élèves ont passé l’examen l’an dernier, et avec quels résultats. Attention, les chiffres de ces cinq cartes ne se lisent pas comme les précédents : ils ne comptent que les écoles publiques et charter dont l’examen a été confirmé par écrit. Les 63 écoles privées n’ont aucune donnée d’examen, et beaucoup d’écoles publiques ne sont pas encore renseignées. Ce sont donc des minimums : les vrais chiffres sont plus élevés.
DELF et DALF
14 écoles ou plus
Des diplômes du ministère de l’Éducation nationale, que France Éducation international fait passer dans le monde entier. Il en existe une version pour l’école primaire (DELF Prim) et une pour le collège et le lycée (DELF junior et scolaire).
Ce qui est contrôlé
Le niveau de français de votre enfant dans les quatre compétences : compréhension orale et écrite, expression orale et écrite. Les niveaux vont de A1 à C2, selon le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). Ce n’est pas l’école qui note, mais un jury extérieur.
À savoir
C’est le seul élément de cette page qui appartient à votre enfant, et non à l’école. Le diplôme est valable à vie et reconnu à l’international : un atout si vous pensez rentrer en France ou repartir ailleurs.
Le ministère de l’Éducation nationale. Le baccalauréat français international (BFI) a remplacé l’option internationale du bac (OIB) à la rentrée 2022, avec une première session en 2024.
Ce qui est contrôlé
Le baccalauréat complet, passé en fin de Terminale (Grade 12). Le BFI ajoute au programme habituel des épreuves écrites et orales dans une langue étrangère, à fort coefficient.
À savoir
La plupart des écoles homologuées de l’annuaire s’arrêtent au CM2 (Grade 5) ou en 4e (Grade 8) : pas de bac possible sur place. Les écoles qui le préparent sont presque toutes homologuées jusqu’en Terminale. Mieux vaut donc penser à la suite dès la maternelle, pas en 4e.
L’Organisation du Baccalauréat International, basée à Genève. Une école est « autorisée » à enseigner un programme, puis réévaluée régulièrement.
Ce qui est contrôlé
Un cadre pédagogique fondé sur la démarche d’investigation. Le programme du primaire (PYP) n’a aucune évaluation externe. Celui du collège (MYP) en prévoit une, facultative (examens sur ordinateur et travaux notés à l’extérieur, qui mènent à un certificat MYP), que beaucoup d’écoles ne proposent pas. Seul le programme du diplôme (DP), sur les deux dernières années de lycée, débouche sur un véritable diplôme avec examens externes.
À savoir
L’IB n’est lié à aucune langue. Une « IB World School » n’est pas une école française : tout le programme peut se faire en anglais, et c’est le cas dans la plupart des écoles IB américaines. Quand l’IB figure sur une fiche à côté d’un label français, les deux n’ont rien à voir l’un avec l’autre.
Le College Board, l’organisme américain qui gère aussi le SAT, le test d’entrée à l’université. Les cours AP (« Advanced Placement ») sont des cours de niveau universitaire suivis au lycée.
Ce qui est contrôlé
Un examen unique en fin d’année, noté de 1 à 5, d’un niveau proche de B1–B2. Avec une bonne note, une université américaine peut accorder des crédits ou dispenser l’élève de certains cours.
À savoir
C’est l’examen d’une seule matière, sur une seule année. Ce n’est pas un programme bilingue, il ne dit rien de l’école, et on le trouve dans beaucoup de lycées américains sans aucune immersion.
L’État, et parfois le district. Il est apposé sur le diplôme de fin de lycée (« high school diploma ») ou sur le relevé de notes.
Ce qui est contrôlé
La maîtrise de l’anglais et d’au moins une autre langue, en général démontrée en 1re ou en Terminale (11th ou 12th grade) par un examen reconnu ou un portfolio.
À savoir
Il n’existe pas de règle nationale : le niveau exigé, les preuves acceptées et même le nom varient d’un État à l’autre. Deux Seals obtenus dans deux États différents ne se valent donc pas. Il récompense les résultats d’un programme, il n’évalue pas le programme lui-même.
À propos de ces chiffres. Ils sont recalculés à chaque mise à jour de l’annuaire et ne reflètent que ce qui a pu être vérifié, pas toute la réalité de chaque école. Les accréditations des écoles privées sont bien documentées, celles des écoles publiques beaucoup moins : de nombreux districts ne les publient pas. Une ligne vide signifie que rien n’a pu être confirmé, pas que l’école n’a aucun label. Une erreur ? Signalez-la.
Questions fréquentes
Une école accréditée est-elle meilleure qu’une école qui ne l’est pas ?
Pour une école privée, l’accréditation est presque un minimum : elle confirme que l’école est bien gérée, financièrement solide, et qu’elle tient ses promesses. Pour une école publique, la question ne se pose guère, puisque l’agrément de l’État va de soi. Dans les deux cas, l’accréditation ne dit rien de la qualité de l’enseignement du français.
Quelle différence entre l’homologation AEFE et le LabelFrancÉducation ?
Une école homologuée suit les programmes de l’Éducation nationale, comme en France, et l’homologation est accordée classe par classe. Une école labellisée garde son propre programme, américain ou autre, mais y intègre une filière bilingue en français reconnue par la France. En résumé : l’homologation, c’est le système français ; le label, c’est une reconnaissance française sur un autre système.
L’école de mon enfant fait partie du réseau AEFE. Pourra-t-il y passer le bac ?
En général, seulement si l’école est homologuée jusqu’en Terminale. Aux États-Unis, la plupart des écoles homologuées s’arrêtent au CM2 ou en 4e, et les élèves doivent changer d’école pour le lycée. Demandez par écrit la liste des classes homologuées cette année : c’est la lettre de décision du ministère qui fait foi.
Une IB World School enseigne-t-elle en français ?
Pas forcément, et le plus souvent non. Le Baccalauréat international n’est lié à aucune langue, et la plupart des programmes IB américains se font en anglais. Être une école IB et enseigner en français sont deux choses distinctes.
Que signifie une fiche sans aucune accréditation ?
Le plus souvent, qu’aucune accréditation n’a pu être vérifiée. Les programmes bilingues publics, en particulier, n’ont souvent que l’agrément de leur district et de leur État, et beaucoup enseignent très bien le français sans aucun label.